L’écho du Nord

14 mars 2014

L’Écho du Nord

Par Frédérique David,

SAINT-JÉRÔME – Auteure et conférencière bien connue, Julie Vincelette sera de passage à Saint-Jérôme le mercredi 19 mars, de 19 h à 21 h. Invitée par l’Association Laurentienne des Proches de la Personne Atteinte de Maladie Mentale (ALPPAMM), elle donnera une conférence au cours de laquelle elle livrera des passages difficiles de sa vie.

Julie Vincelette n’avait que 12 ans lorsque sa mère a sombré dans une dépression sévère qui a duré six ans. « Ma mère était directrice d’une banque avec 13 employés, raconte la conférencière. Le jour où son corps a flanché, elle s’est retrouvée au lit pour une longue période. »

La dépression d’un parent suscite beaucoup d’incompréhension dans l’esprit d’un enfant. « On ne comprend pas ce qui se passe. On voit les comportements de sa mère changer, explique Julie Vincelette. Si personne ne donne d’explication à l’enfant, il finit par se construire un scénario qui est souvent un scénario de culpabilité. Il pense que c’est de sa faute et que son parent ne veut plus s’occuper de lui. »

Julie Vincelette a su des années plus tard de quel mal souffrait sa mère. « Ma mère vivait une lutte incroyable pour revenir vers moi et être capable de s’occuper de moi, mais je ne le savais pas, dit-elle. J’ai compris ce qui lui était arrivé seulement lorsque j’ai été adulte. »

Co-auteure de L’Effet Popcorn et auteure de La mission secrète de Julia Léveillée, un livre jeunesse dans lequel elle raconte l’histoire d’une amie dont la mère était schizophrène, Julie Vincelette souhaite partager son vécu. « Je me suis fait la promesse que ce que ma mère, mon père et moi avions vécu devait servir à quelqu’un, explique-t-elle. Ma mère est aujourd’hui une femme heureuse et épanouie. Je souhaite que son histoire donne espoir aux gens. »

L’importance de parler aux enfants

Julie Vincelette insiste sur la nécessité d’expliquer la maladie mentale aux enfants qui y sont confrontés. « Lorsqu’un des parents sombre, l’enfant lance un grand cri du cœur de recherche d’attention, constate-t-elle. Certains enfants vont chercher à atteindre la perfection, d’autres auront un comportement délinquant. Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est lorsque j’ai compris que si ma mère ne s’occupait plus de moi, ce n’était pas parce qu’elle ne voulait pas, mais parce qu’elle ne pouvait pas. »

L’auteure et conférencière sait qu’elle a le même tempérament ambitieux et fonceur que sa mère. « La dépression de ma mère m’a sauvée de ma propre dépression, constate Julie Vincelette. À cause de ce qu’elle a vécu, j’essaie constamment de trouver l’équilibre dans ma vie. Dans notre société, nous avons tendance à courir tout le temps et nous ne prenons pas le temps de nous demander ce que nous ne voulons vraiment pas dans notre vie. »

Inscription à la conférence : 450 438-4291.